Epiphanie : Origines et Traditions

L'Epiphanie et les Rois Mages

Fêtée le 6 janvier, la venue des rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar chargés des présents qui sont l’or, l’encens et la myrrhe reconnaissent par ce geste la naissance du messie.

 L’Epiphanie devenue la fête des rois est symbolisée par une galette ou l’on cachera une fève afin de trouver le roi ou la reine de la journée.

Une tradition très enfantine perdure, en effet c’est un enfant qui distribuera les parts de gâteau.

Etant caché sous la table il n’aura pu voir où se trouve la fève et désignera l’heureux élu de chaque part.

L’histoire dit que Frédéric Barberousse fit transférer les reliques des 3 rois mages en 1164 à Cologne afin de les remettre à la cathédrale récemment reconstruite.

Devenus ainsi les patrons de la cathédrale et partant de toute la cité, les rois mages y furent désormais vénérés comme des saints de l’Eglise d’Occident.


Le culte des rois mages se répand d’abord dans la vallée du Rhin et gagne notamment l’Alsace, où il se prolonge par des usages populaires : ainsi les tournées, à travers les rues des villes ou des villages, d’enfants ou de jeunes gens dont trois sont déguisés en rois et dont l’un porte une grande étoile de carton fixée au bout d’un bâton.

Ces processions entonnaient des chants spécifiques et s’arrêtaient volontiers devant les maisons où il pouvait leur être distribué quelques pommes, noix ou fruits secs.

Quant à la galette des rois, la tradition paraît être née vers la Renaissance au sein des milieux corporatifs rhénans, à une époque où les guildes urbaines assuraient un encadrement à la fois économique, social, religieux et même récréatif de la vie des compagnons de métiers.

 Les corporations ne manquaient pas de célébrer par des banquets les principales fêtes religieuses.

Dans les locaux de réunion ou le vin et la bière ne manquaient pas, leurs membres pouvaient, loin de leurs foyers, se livrer à divers rituels de confraternité virile, par exemple élire bruyamment un roi de la fête ; et cet usage s’est tout naturellement cristallisé sur la fête si bien nommée des rois.

Dans le journal tenu par un compagnon verrier de Strasbourg, et retrouvé par un historien local à la fin du XIXe siècle, il apparait la date de 1625 qui constitue la première mention connue de la tradition de la galette des rois en Alsace, et peut-être du même coup dans le monde, tant il est vrai que l’Alsace fut pionnière en bien des domaines.

Le passage rédigé en vieil allemand régional: “Uff der heilige Dreikönigstag pflegen sie Königskuchen zu backen, und in einem jedwedern Kuchen steckt eine Bohne, und wer den dieselbige bekompt, der wird für ein König gehalten “. (Le jour des trois saints rois ils ont coutume de faire des gâteaux des rois ; dans chacun d’eux est cachée une fève, et celui qui la trouve est reconnu comme le roi).


Mais l’on se demandera peut-être, pourquoi employer une fève ?

D’abord, un haricot durci caché dans un gâteau se remarque immanquablement à la morsure, tout en étant lui-même un produit comestible, ce qui ne serait pas le cas d’un caillou ou d’un objet métallique qui profanerait en quelque sorte la nourriture, et surtout présenterait beaucoup plus de risques de fracturer une dent. Ensuite. La consommation de fèves cuites était extrêmement courante en Alsace à l’époque, notamment au cours des banquets corporatifs, au point de donner lieu à une chanson satirique dite Bohnelied, “chant du haricot”.

Cette coutume de la galette des rois n’a donc guère varié depuis plusieurs siècles, si ce n’est que les pois secs ont été progressivement remplacés par des fèves en porcelaine, aux motifs variés et bien vite collectionnés, puis plus récemment par de petites figurines en matière plastique.

L’usage aurait cependant pu tomber en désuétude si les efforts de communication et de promotion des professionnels de la boulangerie-pâtisserie n’en avaient décidé autrement. Naguère confinée au seul jour de l’Epiphanie, c’est désormais de la fin décembre à la fin janvier que la galette des rois envahit les rayons des magasins spécialisés comme des supermarchés.

Par ailleurs, si elle demeure majoritairement une préparation de pâte feuilletée fourrée de frangipane, elle se décline de plus en plus en diverses autres spécialités sucrées ou salées, ainsi les galettes à la volaille, au boudin blanc ou au saumon.